
À la suite de la conclusion du Bureau politique en date du 18 juillet 2025, une campagne de construction de 100 internats pluridisciplinaires dans 100 communes frontalières terrestres a officiellement été lancée, avec un délai d’exécution de seulement 13 mois. Il s’agit d’une décision exceptionnelle, à la fois stratégique et urgente, visant à réduire les inégalités éducatives, développer les ressources humaines locales et renforcer la ligne de défense nationale dans les zones frontalières.






Après le réaménagement administratif du territoire, le Vietnam compte désormais 22 villes et provinces possédant une frontière terrestre, totalisant 248 communes frontalières. En raison de leur topographie accidentée, de l’isolement géographique et des conditions économiques difficiles, le système scolaire dans ces communes reste lacunaire à bien des égards.
D’après les statistiques locales, ces 248 communes accueillent actuellement 956 établissements d’enseignement général, pour un total de 625 255 élèves. Parmi eux, 332 019 ont besoin d’un enseignement en semi-internat ou en internat, alors que seuls environ 59 000 élèves bénéficient de ce type de scolarisation, répartis dans 22 écoles ethniques internes et 160 écoles ethniques semi-internes.
Les élèves internes et semi-internes peuvent étudier, vivre et se restaurer sur place, tout en bénéficiant de politiques de soutien de l’État, estimées en moyenne à 23 millions de dôngs par an pour un élève en internat, et 16 millions de dôngs pour un élève en semi-internat.
Ainsi, plus de 273 000 élèves, soit 43,7 % du total, bien qu’ayant besoin d’un internat ou semi-internat, n’ont toujours pas accès à des établissements disposant de conditions adéquates d’hébergement, de restauration et d’accompagnement quotidien. Ces enfants doivent encore parcourir des dizaines de kilomètres à travers forêts, cols escarpés ou sous les pluies diluviennes pour se rendre en classe. Une réalité qui affecte non seulement la qualité de leur apprentissage, mais met également leur sécurité en péril, notamment en saison de mousson.
| 📍 22 villes et provinces | 🗺️ 248 communes frontalières sur le continent |
| 🏫 956 écoles | 👨🎓 625.255 élèves |
| ✅ 332.019 élèves désirant séjourner en semi-internat et en internat | ~ 59.000 élèves déjà accueillis dans 22 internats et 160 semi-internats ❌ > 273.000 élèves pas encore accueillis (43,7%) |
| 💸 Subvention annuelle moyenne | 🏫 Internat: 23 millions de dôngs/élèves 🏠 Semi-internat: 16 millions de dôngs/élèves |



Face à cette situation urgente, le 18 juillet 2025, le Bureau politique a publié l’Avis n° 81-TB/TW, entérinant la décision d’investir dans la construction d’écoles internes pluridisciplinaires (niveau primaire et collège) dans les 248 communes frontalières terrestres.
Ce programme d’investissement est considéré comme une mission centrale et stratégique dans le développement socio-économique et dans la mise en œuvre des politiques ethniques. Il vise à rehausser le niveau d’éducation, améliorer la qualité des ressources humaines locales, favoriser l’émergence de cadres issus des minorités ethniques, élever les conditions de vie matérielles et spirituelles des habitants des régions frontalières, tout en contribuant au renforcement de la défense et de la sécurité nationales.




L’Avis n° 81-TB/TW du Bureau politique, entérinant la décision d’investir dans la construction d’écoles internes pluridisciplinaires dans des localités frontaières, constitue une politique majeure, portant une signification sociopolitique profonde.
Dans l’immédiat, 100 établissements seront construits ou rénovés d’ici à la rentrée scolaire 2026, soit dans un délai de 13 mois. Ces écoles serviront de modèles pilotes avant d’étendre le programme à l’ensemble des 248 communes au cours des deux à trois prochaines années.
Les établissements construits devront répondre à des normes strictes en matière d’infrastructures, de superficie et de capacité d’accueil. Ils devront être entièrement équipés pour permettre aux élèves d’étudier, de se former sur les plans intellectuel, culturel, physique et moral, tout en bénéficiant de conditions de vie sûres et adaptées.
Une action rapide, une mobilisation synchronisée



Le soir du 27 juillet 2025, au siège du gouvernement, le Premier ministre Pham Minh Chinh a présidé une réunion d’urgence pour lancer immédiatement la campagne de construction de 100 écoles dans les communes frontalières. À cette occasion, il a souligné qu’il s’agissait d’une décision majeure et stratégique, devant être mise en œuvre rapidement et efficacement, avec un objectif clair : achever la construction des 100 établissements au plus tard le 30 août 2026. Une fois cette première phase accomplie, une évaluation à mi-parcours sera réalisée pour tirer les enseignements et élargir progressivement le programme jusqu’à sa pleine réalisation.
Le chef du gouvernement a mis en avant le principe des “6 clartés”, à savoir : clarté des personnes responsables, des tâches, du calendrier, des responsabilités, des résultats attendus et des compétences décisionnelles. Il a en même temps exhorté tous les ministères, les forces armées, le Front de la Patrie et les organisations sociopolitiques à s’impliquer de manière coordonnée et déterminée.



Dans le cadre du lancement de cette campagne nationale, le matin du 27 juillet 2025, la province de Diên Biên a procédé à la pose de la première pierre de l’École pluridisciplinaire (primaire-collège) de la commune de Si Pa Phìn. Il s’agit du premier chantier mis en œuvre dans le cadre de la nouvelle politique du Bureau politique, portant sur la construction de 248 écoles internes pluridisciplinaires dans les communes frontalières terrestres.
Parallèlement, d’autres provinces telles que Dang Nang, Nghê An, Lao Cai ou Tuyên Quang sont en train de finaliser les plans d’aménagement foncier, d’évaluer les besoins locaux, d’identifier les ressources humaines disponibles, et de collaborer avec les ministères compétents afin de concevoir des modèles d’établissement adaptés aux spécificités de chaque territoire.



Prolonger les modèles empreints d’humanité
Lors de la cérémonie de pose de la première pierre de l’École pluridisciplinaire primaire-collège de la commune de Si Pa Phìn, le Secrétaire général du Parti Tô Lâm a réaffirmé que l’éducation est plus que jamais considérée comme une priorité nationale absolue, un levier fondamental pour un développement durable du pays.


“La politique d’investissement dans la construction de 248 écoles internes pluridisciplinaires dans les communes frontalières terrestres était une initiative judicieuse, profondément humaniste, témoignant de l’attention particulière du Parti et de l’État envers les populations vivant dans les régions frontalières, reculées et défavorisées.”
le Secrétaire général du Parti Tô Lâm



“La construction d’écoles n’a pas pour seul objectif d’offrir aux enfants de meilleures conditions d’apprentissage ; elle vise également à améliorer durablement les conditions de vie des habitants des zones frontalières, tout en renforçant la souveraineté nationale dès la base.”
le Secrétaire général du Parti Tô Lâm
En réalité, cette nouvelle politique s’inscrit dans la continuité de nombreux modèles à forte portée sociale qui ont été déployés avec persévérance depuis plusieurs années, notamment les programmes « Un pas vers l’école » (Nâng bước em tới trường) et « Enfants adoptés par les postes de garde-frontière » (Con nuôi Đồn Biên phòng), initiés par les Forces de garde-frontière.
Depuis 2016, les soldats des frontières ont parrainé des dizaines de milliers d’enfants défavorisés, issus de zones montagneuses, reculées ou de minorités ethniques. Ils ont pris en charge les frais de scolarité, fourni des fournitures, assuré un suivi sanitaire et accompagné les enfants dans leur parcours éducatif, jouant à la fois le rôle de père, d’enseignant et d’ami.bạn.





À Dak Lak, de nombreux postes de garde-frontière ont pris sous leur aile des centaines d’enfants, dont plusieurs dizaines sont entièrement pris en charge au sein même des unités. Chaque repas partagé, chaque cahier offert, chaque parole échangée entre un soldat et un enfant contribue à nourrir leur rêve d’aller à l’école.
À Bat Xat, dans la province de Lao Cai, les soldats du poste de garde-frontière de Y Tý ne se contentent pas d’emmener les enfants à l’école ; ils organisent aussi des classes d’alphabétisation pour les parents et enseignent le vietnamien standard aux personnes âgées dans les hameaux.
De manière notable, les provinces montagneuses multiplient actuellement les initiatives de jumelage scolaire, dans lesquelles les établissements urbains s’associent à des écoles situées en zones frontalières afin de partager infrastructures, manuels, fournitures et compétences. Le Front de la Patrie et diverses organisations sociopolitiques ont également lancé des campagnes de collecte de dons, notamment à travers le programme national « En route vers l’école avec les enfants » (Cùng em đến trường). Qu’il s’agisse de soutien matériel ou moral, chaque geste témoigne d’un élan du cœur et d’un sens aigu des responsabilités envers l’avenir de la nation.
On peut ainsi affirmer que la politique de construction de 248 écoles internes pluridisciplinaires dans les communes frontalières ne vise pas uniquement à améliorer les infrastructures éducatives. Elle constitue une avancée stratégique dans la mise en œuvre des politiques ethniques, dans le renforcement des ressources humaines locales, et dans la consolidation de la défense et de la sécurité nationales dans les zones frontalières.
Bien plus qu’un simple programme d’investissement, cette initiative incarne la volonté politique forte ainsi que l’esprit profondément humaniste du Parti, de l’État et du peuple vietnamien, afin que chaque enfant des régions frontalières puisse bénéficier de meilleures conditions d’apprentissage — et pour que personne ne soit laissé pour compte sur le chemin du développement national./.
