
Le rôle du secteur privé n’est affirmé aussi fortement qu’avec la Résolution no 68-NQ/TW du 4 mai 2025 du Bureau Politique (Résolution 68), qui, pour la première fois, reconnaît officiellement que «l’économie privée constitue l’un des moteurs les plus importants de l’économie nationale».

L’économie privée est désormais placée au même rang que l’économie publique et collective. Elle devient un pilier fondamental dans la construction d’une économie indépendante, autonome et fortement intégrée au monde.

La Résolution no 68 a créé un changement dans la conscience au regard de l’économie privée, la considérant comme la force motrice la plus importante de l’économie. Cela crée de l’enthousiasme et de la confiance au sein de la communauté des affaires. La confiance est essentielle pour que cette force puisse faire un bond en avant et véritablement grandir.
Des objectifs concrets et porteurs d’inspiration
La résolution fixe des objectifs à la fois concrets et porteurs d’une vision stratégique à l’horizon 2030 et 2045. L’ambition de doubler le nombre d’entreprises à deux millions d’ici 2030, de faire en sorte que le secteur privé représente 58 % du PIB, 40 % des recettes fiscales et 85 % de l’emploi témoigne de la confiance profonde du Parti envers ce moteur économique.





Plus encore, l’objectif d’avoir au moins 20 grandes entreprises privées intégrées aux chaînes de valeur mondiales d’ici 2030, et trois millions d’entreprises à l’horizon 2045, incarne une volonté claire de propulser le Vietnam sur la scène économique mondiale.


Ces chiffres sont plus que des cibles ; ils symbolisent une volonté de réveiller la fierté nationale, l’aspiration à une richesse légitime et l’esprit entrepreneurial.
Réformes en profondeur pour lever les blocages
Pour réaliser cette ambition, la résolution ne se limite pas aux slogans. Elle aborde les racines du problème : la réforme institutionnelle. Parmi les mesures fortes : simplification administrative, réduction des conditions d’accès au marché, numérisation des procédures, protection des droits de propriété, liberté d’entreprise, égalité de concurrence et sécurité contractuelle.
Le passage du contrôle préalable à un contrôle a posteriori, l’abandon de la logique « demande-don» au profit d’une logique de service public, ainsi que la reconnaissance du droit d’entreprendre dans tous les domaines non interdits par la loi, constituent une rupture décisive dans la transformation de l’environnement des affaires au Vietnam.



Outre les réformes administratives, des politiques spécifiques sont mises en place pour faciliter l’accès des entreprises à la terre, au capital, à des ressources humaines qualifiées, tout en encourageant la transition numérique, l’innovation et la participation aux chaînes de valeur mondiales. Les PME et les ménages commerciaux qui représentent la majorité du tissu économique, bénéficient d’un soutien sur mesure : exonérations fiscales, accès gratuit à des plateformes numériques et assistance juridique.
Ces solutions sont essentielles pour éliminer les goulets d’étranglement institutionnels, la cause sous-jacente qui entrave le développement du secteur privé depuis de nombreuses années.

Instaurer la confiance
L’un des éléments marquants de la résolution est son accent mis sur la confiance – un capital immatériel, mais fondamental. L’État s’engage à créer un environnement transparent, stable, prévisible et conforme aux standards internationaux. Cela constitue un socle essentiel pour rassurer les entreprises, encourager l’investissement à long terme et l’innovation.



En février 2025 à Hanoï, le Premier ministre Pham Minh Chinh préside une réunion entre la Permanence du gouvernement et les entreprises pour discuter des tâches et des solutions permettant aux entreprises privées de réaliser des percées, contribuant au développement rapide et durable du pays dans la nouvelle ère. Photo : VNA



Pour la première fois, une résolution du Bureau politique affirme explicitement la garantie des droits de propriété, de la liberté d’entreprendre, de la concurrence loyale et de l’exécution contractuelle – non seulement sur le papier, mais également dans la réalité juridique et institutionnelle. La suppression des obstacles juridiques permettra de libérer les ressources sociales, de promouvoir l’innovation et d’améliorer la compétitivité nationale.
Grâce à ces avancées, la Résolution 68 n’est pas seulement une orientation stratégique pour le développement économique privé, mais aussi une base pour construire une confiance solide pour les personnes et les entreprises – afin qu’elles croient que l’entrepreunariat est une voie légitime et que l’enrichissement est encouragé, l’innovation est le levier du développement et la loi est un support sûr pour tous les efforts et contributions.
Mobiliser toutes les ressources

La résolution propose des solutions concrètes pour garantir un accès équitable aux ressources de développement : transparence dans la gestion foncière, procédures électroniques, réduction des délais administratifs, financement via le crédit vert, la Bourse, les fonds d’investissement et le financement participatif. Concernant les ressources humaines, elle encourage la formation pratique, l’acquisition de compétences numériques et linguistiques ainsi que la réponse à la transformation numérique.



Les entreprises innovantes bénéficieront d’incitations telles que des exonérations fiscales, des déductions pour les dépenses de R&D, la création de fonds technologiques et des zones d’expérimentation réglementaire. L’objectif est clair : transformer le secteur privé d’un acteur passif en propriétaire de technologies et de modèles économiques novateurs. Une numérisation bien menée renforcera la compétitivité des entreprises.
La résolution encourage aussi les partenariats entre entreprises privées, publiques et à capitaux étrangers pour constituer des chaînes d’approvisionnement durables. Le programme « Go Global » vise à internationaliser les entreprises vietnamiennes et à les intégrer pleinement aux réseaux économiques mondiaux.

Une attention particulière est accordée aux petites entreprises, microentreprises et ménages commerciaux, avec la suppression de l’impôt forfaitaire, la mise à disposition de logiciels de comptabilité gratuits, la simplification de la gestion financière et des formations à la gouvernance. Des mesures d’inclusion financière ciblent spécifiquement les femmes, les jeunes et les minorités ethniques.



Si elle est mise en œuvre efficacement, cette résolution pourrait bien être le catalyseur d’une nouvelle ère de prospérité, marquée par l’innovation, l’intégration et la croissance, où l’économie privée jouerait un rôle de premier plan, avec audace, résilience et ambition./.
